Lettre sur Mer

Un galet de mer

« …l’Homme qui pourra se promener sur la plage et avec sa propre main pourra ramasser un vrai galet poli par la mer, sera l’Homme le plus riche du XXIème siècle. », extrait d’interview avec Olivier Py où il répond à la question « Le réel c’est quoi ? », 2007, écrannoir.fr

*
Bon, maintenant au travail :
la définition d’un galet de mer
matériau brut d’entente
minimum à passer
de main en main
demain à toi
quand on danse en secret
même quand on dort caresser
la petite terre le petit cœur
et tes yeux
parfois comme sous l’eau fermés
et de nouveau quand on parle
on s’éloigne et on revient
on s’en saisit, on mesure, on se souvient…

*
Etait-il rond comme le cœur de Marie
ma fille mon petit
appât pour une vague
à venir pour resemer
de sel la peau du ciel, ce matin-là
on a cru qu’on y laissait notre peau

à se laver d’azur dans la larme de l’amant

à aimer le visage estropie, maquillé, nié
désirer vérité qui ne peut être
que volonté
mirage
galet …
*
Ce n’est qu’une pierre, oui
l’homme aussi, une pierre qui s’est mise à croire
coquillage qui s’est mis à filtrer
la boue des astres, le sperme, le lait
pour en faire dieux, héros, amis, histoire…

pour en arriver-là ? pour en arriver- là !

on respire, on reprend
on ne s’en va pas comme ça !
de cette maison un peu triste, exiguë
aux rideaux faits de journaux suspendus
l’Histoire, même une pute, se moque
des amants conformistes qui reculent
dès que la mise
(en scène)
se gâte
dès que les plats n’arrivent plus
au restaurant
dans le bon ordre
qu’on annonce du mauvais temps
et qu’il n’y a plus rien à prendre

que la vie d’un galet…
*
mais qui vous dit
connaître
savoir
aimer

le galet

ne serait qu’un leurre des sens
une publicité
qui vous attrape la main
en vous parlant de la mer
qui vous suggère l’innocence
du vote blanc
alors que il y a aussi des galets noirs
dont on vous parle à peine
ces galets de l’ancienne Athènes….

La Grèce était… et maintenant ?

Qu’allons-nous penser de quoi
nous souvenir
l’instant avant
la fin comme devant une image muette
qui refuse d’imprimer la différence
de la lumière
du monde
la fin aura lieu dans une salle de cinéma
où on ne projette plus
que de la fumée
et la foule se précipite
vers la sortie
encombrée et moi
toujours dans un état
de repartir dans la direction
inverse de celle qui hurle
«sortie de secours », « sauvez votre peau »
csomme si l’âme, si elle était
ailleurs comment la rejoindre
contre les autres, avec les autres, pour les autres…

mon amour je cherche
à m’imprimer en toi
dans tes yeux

FLASH
et après

NUIT

l’œil sur l’aile du papillon
se ferme

NOIR entame son voyage
vers l’inouï.

(Poème du recueil « Il est temps »)

nuages1

Publié par

Dostena

Poète, artiste, anthropologue...

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